thecrew

[Test] The Crew

Publié par le 8 décembre 2014

Fruit du travail d’Ivory Tower, studio de développement basé à Lyon, The Crew vient fraichement de débarquer sur consoles et PC. Jeu de course open-world comme on n’en avait pas vu depuis un certain temps, The Crew se démarque en bien des façons de ses concurrents grâce à une carte entièrement ouverte, faisant la part belle à l’exploration et aux ballades entre amis.

A l’annonce du jeu pendant l’E3 2013, je dois avouer que j’étais assez fébrile. Le trailer nous faisait miroiter un open-world réaliste, des voitures personnalisables, des course-poursuites avec les forces de l’ordre, et le tout massivement multijoueur. Que demander de plus pour un afficionado de MMO et de jeux de course…
S’en suivirent deux beta sur PC et un report de la date de sortie, autant dire que je rongeais mon frein. 1er décembre, minuit, lancement du jeu. Après plus de 50 heures passées sur le jeu, niveau maximal atteint et missions scénario terminées, il est l’heure du bilan.

Un mode solo pénible.

Le jeu commence par quelques missions d’introduction nous faisant essayer diverses voitures, et nous racontant la base du scénario. Je ne m’étendrai pas sur ce point ; l’histoire fait très « Fast & Furious », et pour ne rien vous cacher elle m’a ennuyé au point que j’en vienne à couper les voix et les sous-titres. Tout le scénario n’est qu’un prétexte pour vous envoyer à différents endroits des USA et accomplir diverses missions. Bref, du classique.
Nous sommes donc lâchés à Detroit, libres d’enchainer les missions ou de rouler pour découvrir la carte. Tout d’abord, les missions.
Ces dernières ne sont malheureusement pas très variées et se résument à faire un course chrono ou contre des adversaires IA, détruire une voiture, ramasser des caisses ou échapper à la police. La diversité n’est donc pas vraiment de mise, et si certaines missions sont particulièrement agréables grâce à de jolis scripts, d’autres peuvent devenir très vite agaçantes. En effet, les épreuves de destruction sont relativement frustrantes ; l’IA étant très rapide et prenant un chemin prédéfini. On se verra alors recommencer la mission plusieurs fois, et essayer de se remémorer le pattern exact. Pas très fun.

Les poursuites, très équilibrées...

Les poursuites, très équilibrées…

Les poursuites sont également particulièrement énervantes ; les voitures de police n’étant tout simplement pas soumises aux lois de la physique. Elles accélèrent à la vitesse d’un F18 et pèsent un poids démesuré, si bien que si une voiture de flics décide de vous envoyer dans le décor, il n’y a rien à faire ; votre voiture se retrouve instantanément dans le plus proche platane. Il en va de même pour les arrestations ; une Crown Victoria pilant devant votre Hummer vous arrêtera instantanément.
Pas glop ; mais heureusement ça ne s’applique que pour les missions ; les forces de l’ordre étant bien plus faciles à distancer en ballade libre.
Les missions scénario ne sont donc, vous l’aurez compris, pas folichonnes. On passe de missions de course sympathiques à des poursuites qui vous feront mordre votre manette. Il est vraiment dommage que lesdites épreuves embarquent une difficulté artificielle au lieu de miser sur le fun. Tout cela fait que l’on enchaine les missions sans réel intérêt, en se demandant quelle crasse auront trouvé les développeurs pour la prochaine épreuve.

Point rapide sur la difficulté des IA : elle est adaptive, comme sur certains Need for Speed. Si le joueur traine, L’IA fera de même. En revanche, s’il a le malheur de se retrouver en tête c’est la fête, nitro infinie pour tous les bots (particulièrement visible dans certaines missions, notamment les missions de faction, mais je reviendrai sur ces dernières plus bas).

On the road again.

Mais le scénario ne représente pas le cœur du jeu, loin s’en faut. Et c’est tant mieux.
On peut considérer que la vraie expérience commence après ; car le jeu fait la part belle à l’exploration.
5000 km², rien que ça. L’espace de jeu est tout simplement gigantesque, et surtout, entièrement praticable. J’entends par là que l’on peut aller absolument partout, et pas uniquement sur des routes cloisonnées comme dans un Forza Horizon. Monter sur l’énorme montagne au loin ? On peut y aller. Saccager des champs de blé ? Idem.

Certains coins sont vraiment sympa.

Certains coins sont vraiment sympa.

C’est là le grand point fort de The Crew ; la liberté de mouvement est totale et l’on peut aller aux endroits les plus inaccessibles, pour peu que l’on ait la voiture adéquate. Ceci prend bien évidemment tout son sens en multijoueur ; les heures à foncer sur autoroutes, routes de montagnes et hors-piste s’enchainent joyeusement.
Il est possible de visiter une bonne partie des monuments majeurs des Etats-Unis, des lieux surprenants (Cap Canaveral m’a fait sourire jusqu’aux oreilles), et on peut voir une bonne quantité d’easter eggs un peu partout, en cherchant bien. La quantité de lieux représentés et de petits détails est tout simplement incroyable ; il devient un réel plaisir d’arpenter les routes uniquement pour découvrir de nouveaux lieux et paysages.
On peut également trouver différents circuits, dont Laguna Seca et Sebring. Ils sont modélisés à la serpe au point de ne pas pouvoir reconnaitre certains virages, mais ils ont le mérite d’être là.
Il est agréablement agréable de constater que tout s’enchaine sans le moindre temps de chargement ; on peut traverser les Etats-Unis sans temps de pause. Détail qui peut paraitre normal en 2014, mais qui m’impressionne tout de même étant donné la taille gigantesque de la map.

Un des défis en question.

Un des défis en question.

En jeu libre, les routes sont truffées de petits défis ; consistant à slalomer, aller le plus vite possible, éclater des cibles ou faire le plus grand saut possible. En plus de pimenter un peu les trajets, ces défis permettent de gagner de l’XP ainsi que des pièces pour améliorer votre voiture ; ce qui sera indispensable pour certaines courses. Les pièces seront alors disponibles pour toutes les voitures de la même catégorie (moyennant finances), et il faudra refaire les défis pour chaque type de véhicule.
Petit point noir en revanche pour ces épreuves ; il n’est pas possible de les désactiver (ou du moins je n’ai pas trouvé comment). Si elles s’avèrent amusantes en solo, voir apparaitre l’interface d’un défi que l’on n’avait aucunement l’intention de faire alors que l’on roule avec des amis, ça peut à la longue être assez irritant. Les défis s’activement en passant entre deux balises, qui sont malheureusement trop larges à mon gout ; et il est régulier de les activer sans faire exprès.

Un MMO, ou pas.

Passées quelques heures de jeu, l’on a accès à deux autres types de courses : le JcJ (Joueur contre joueur), et les missions de faction.

On trouve des courses JcJ sur circuit.

On trouve des courses JcJ sur circuit.

Il suffit de sélectionner une zone de JcJ, et on atterrit dans une sorte de lobby (4 ou 8 joueurs, c’est selon). Le joueur avec le plus de points choisit la course et les conditions, ainsi que la classe de voiture. Le jeu nivelle ensuite les voitures par le haut ; ainsi un joueur avec un niveau élevé ne sera pas avantagé par rapport aux autres. C’est pour le coup une excellente idée qui promet des courses équilibrées, et ne permet absolument pas le « pay to win » (big up JVC).
Les courses peuvent se dérouler indéfiniment tant que deux joueurs sont dans le lobby. A noter que le JcJ est le moyen le plus rapide pour se faire de l’XP et de l’argent rapidement, et ainsi d’acquérir des voitures plus performantes (re big up JVC) ; le dernier arrivé obtenant aussi une récompense conséquente. Il est donc tout à fait possible de zapper les missions scénario pour arriver au niveau le plus haut.

Les courses online font voir du pays.

Les courses online font voir du pays.

Les missions de faction se déroulent, elles, contre des IA. On a différentes épreuves, certaines pouvant durer jusqu’à plusieurs heures. Le challenge est plutôt costaud ; les IA ont un niveau très élevé, et l’option pause n’est pas accessible. La physique du jeu étant ce qu’elle est, il est vraiment difficile de rester concentré pendant une heure entière ; la moindre erreur pouvant vous empêcher définitivement de remporter la course.
Ces épreuves augmentent la réputation de votre faction ; et plus elle est élevée, plus votre revenu journalier est conséquent. Reste à voir si les joueurs adhèreront à ce système, qui n’est pas forcément des plus motivants, malgré le fait que les courses soient assez plaisantes.
Ces missions peuvent s’effectuer avec votre Crew ; et si l’un des membres gagne, tout le monde remporte des points et de l’XP. C’est ça le travail d’équipe !

Le Crew, le gros plus du jeu qui est en réalité loin d’être une révolution. Limité à 4 joueurs, il agit comme un groupe classique de MMO ; les quêtes s’effectuent à plusieurs et l’XP est ainsi partagée ; si l’un des membres réussit un défi, les autres le réussissent aussi. Il est également possible de se téléporter sur ses amis pour pouvoir rouler directement avec eux. Il me parait difficile de considérer ce point comme la révolution annoncée ; ce n’est ni plus ni moins qu’un système d’amis un peu plus avancé.

Pas un rat en plein New York. Dommage.

Pas un rat en plein New York. Dommage.

« Never drive alone ». En l’état, cette phrase que l’on retrouve dans tous les trailers est une gigantesque blague. Il est tout à fait possible de rouler pendant des heures sans croiser une seule âme, et ce même sur des portions de routes « communes », comme le trajet entre Detroit et New York. Les serveurs, d’après ce que j’ai pu comprendre, ne permettent la connexion que de dix joueurs en simultané dans une zone ; ce qui fait relativement peu vu la taille des dites zones.
La plupart du temps, les rencontres avec les autres joueurs se feront dans les villes à proximité des QG et des préparateurs… Dommage pour un jeu qui se veut massivement online. Surtout que du monde, il y en a, il n’y a qu’à voir les stats de Steam. J’espère sincèrement que ce système sera amené à changer, car pour l’instant on a une grande impression de vide.

Un garage sympathique, mais limité.

Impression de vide aussi au niveau des voitures disponibles. Moins d’une quarantaine de modèles au total sont présents dans le jeu, dont cinq Mustang (génial, moi qui n’aime pas les chars d’assaut). C’est TRES limité, surtout par rapport à la concurrence qui propose en général plus du double ; on tourne vite en rond et l’on se rend vite compte qu’au final tout le monde ou presque utilise les mêmes.
La personnalisation, très mise en avant pendant la promotion du jeu, est elle aussi très décevante.

Certains kits sont assez impressionnants.

Certains kits sont assez impressionnants.

Outre la voiture d’usine, cinq kits de personnalisation sont disponibles : Street, Dirt, Raid, Performance et Circuit ; chacun des kits ayant une esthétique propre et les performances qui vont avec. Malheureusement, les voitures ne sont pas disponibles avec tous les kits. Autant il est aisé de comprendre qu’une LaFerrari ne soit pas disponible en kit Raid, autant j’avoue que le fait de ne pouvoir avoir la Mini qu’en Street me laisse des plus perplexes. Un chouilla frustrant, surtout que l’on nous avait promis une personnalisation totale des véhicules.
Au niveau des pièces, rien de folichon non plus. En Street, Performance et Dirt, pas de problème, il y a de quoi faire ; mais il est tout simplement impossible de personnaliser une voiture Raid ou Circuit ; aucune pièce n’est disponible (mis à part la couleur du cockpit, et bien sûr les jantes ; qui sont par ailleurs disponible en grand nombre ; bon point). Malgré le fait que ces kits soient très bien fichus et ressemblent réellement aux vrais , et par là j’entends qu’une Mclaren « Circuit » aura strictement la même apparence qu’une Mclaren GT3, il est assez frustrant de ne rien pouvoir changer.
Même chose pour les stickers. Là où la concurrence propose des templates pour les voitures, ou un outil permettant de faire des skins, ici rien, nada. Le joueur se voit limité aux dix pauvres skins (fictifs), à des bandes blanches (ou noires ; pas de personnalisation des couleurs) ou à de jolis crânes kikoolol pour habiller sa voiture préférée. Sérieusement ?
Espérons que les futurs DLC, gratuits comme payants, amélioreront ce système et proposeront plus de pièces et de véhicules.

C'est quand même chouette.

C’est quand même chouette.

Mais tout n’est pas tout noir. Les voitures sont toutes très bien modélisées et très chouettes à regarder, et les habitables ne sont pas en reste ; tous fidèles aux vrais véhicules et agréables à utiliser. Il n’est cependant pas (encore ?) possible de modifier le FOV, ce qui pourra en gêner certains.
De même, les effets de lumière dans le cockpit, les phares, les retours de flamme/nitro sont bien fichus, particulièrement la nuit ; l’éclairage des gyrophares de police sur l’environnement, ou encore la carrosserie éclairée par la nitro, ça en jette et pas qu’un peu.
Que ce soit au niveau des environnements, des voitures ou des lumières, The Crew est très agréable à regarder. Ce n’est pas le plus beau jeu de l’année, mais c’est suffisamment bien fait pour que l’on s’y croie, et les détails fourmillent partout. C’est pour moi une grande réussite à ce niveau ; à aucun moment je ne me suis dit « tiens, c’est moche ici », et c’est plutôt rare.

On accède (sans payer) rapidement à de belles voitures.

On accède (sans payer) rapidement à de belles voitures.

Le comportement des voitures est plutôt réussi. On sent bien la différence entre une muscle car et une sportive européenne, disons que c’est relativement cohérent. Les glissades s’enchainent bien, les commandes à la manette comme au volant sont réactives, et l’impression de vitesse est assez bonne (point qui divisera, mais d’un point de vue personnel ça me va).
En revanche, le moteur physique vient gâcher le tableau. Les collisions sont mal gérées ; ainsi le fait de rouler sur le moindre petit caillou même en voiture Raid pourra vous envoyer dans le décor ; absolument débile et très frustrant quand on gravit/descend une pente escarpée, ou que l’on fait un petit écart sur la route. Je vous laisse imaginer pour de plus gros rochers. Les poursuites avec les forces de l’ordre ou les ballades dans la nature peuvent du coup devenir irritantes ; le chemin choisi doit être impeccable, même avec la voiture la plus bourrine du jeu. Et, accessoirement, cela peut pourrir une course instantanément…
Les collisions entre voitures semblent également poser problème en online. Problème plus certainement relatif au netcode qu’au moteur physique cette fois-ci, il n’en est pas moins gênant : en vous baladant avec votre Crew, les dépassements limite deviennent tendu. Il arrive souvent qu’en croyant frôler une voiture, l’écran de votre camarade de course affiche que vous lui fonciez dedans. Encore une fois, cela semble dépendre de la connexion de chacun ; les problèmes étant plus fréquents avec les joueurs disposant d’une ligne internet assez lente.

L’ambiance sonore est globalement très réussie. Les radios proposent des titres d’une qualité assez aléatoire (mais ce point est totalement subjectif) qui ont le mérite d’être assez diversifiés et agréables à écouter. Et surtout, pas de blabla inutile comme dans un Forza. On a le choix d’ailleurs entre diverses stations de radio, mais il est impossible de créer sa propre playlist avec des titres présents sur l’ordinateur. Dommage.
En ce qui concerne les voitures, les sons sont très bons. On reconnait très bien le bruit caractéristique de certaines voitures comme la SLS ou la MP4, et les sons si particuliers des américaines sont particulièrement bien retranscrits. De même, les bruits de turbo, les crissements de pneux et les cris des animaux sont très corrects. Un seul bémol : la 458, dont le bruit ne ressemble absolument pas à la vraie. M’enfin, hein, on va pas chipoter; globalement on reconnait les yeux fermés et sans difficulté quel type de voiture on conduit.
Mention spéciale pour les bruitages des passants ; le « j’me suis cassé un ongle, connard », ça fait drôle la première fois qu’on l’entend.

Une expérience à part.

Avec tous les défauts énumérés ci-dessus, on pourrait croire que The Crew est un mauvais jeu ; mais il n’en est rien. A vrai dire, cela faisait longtemps que je ne m’étais pas autant éclaté.
Les myriades de bugs et de divers problèmes n’arrivent pas à éclipser le plaisir que l’on peut prendre, si l’on aime rouler pour rouler et explorer. D’autant qu’ils seront, j’en suis sûr, corrigés pour la plupart d’ici quelques semaines ; vu les retours de la communauté sur certains aspects du jeu comme la police légèrement cheatée (tu le vois l’euphémisme là ?) ça ne devrait pas tarder afin de limiter les dégâts. Enfin, il faut espérer.
Si vous avez aimé TDU, il est certain que vous aimerez The Crew. L’immersion, l’ambiance générale du jeu, et la liberté totale feront bien vite oublier les courses du mode scénario et les différents problèmes, et après tout, c’est tout ce qui compte.
Si vous êtes intéressé par un bon mode scénario ou des courses diversifiées, passez votre chemin. En revanche, si vous aimez rouler sur de longues distances avec des potes et arsouiller, The Crew est probablement fait pour vous.

Benji.

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